Blog : Réflexions pédagogiques
29/12/2025 - Amandine COULEARD

Dans les domaines de la formation, de l’enseignement et du développement des compétences, les termes gamification, ludopédagogie et serious games sont aujourd’hui omniprésents.
Ils sont souvent employés comme des synonymes, parfois réduits à des recettes miracles censées “motiver” ou “réengager” les apprenants.
Or, la recherche montre que ces notions recouvrent des réalités très différentes, tant du point de vue pédagogique que méthodologique. Les confondre conduit fréquemment à des dispositifs déceptifs, inefficaces, voire contre-productifs.
Cet article propose de clarifier ces concepts, d’en montrer les usages pertinents et de déconstruire plusieurs idées reçues, en s’appuyant sur des travaux scientifiques reconnus en sciences de l’éducation, en sciences de gestion et en sciences de l’information et de la communication.
Contrairement à une idée répandue, l’usage du jeu à des fins utilitaires n’est ni récent, ni lié exclusivement au numérique.
Les travaux de Stéphane Goria (2025) montrent que des pratiques ludo-utilitaires existent depuis plus de 2800 ans sous la forme de jeux de stratégie militaires, de jeux de société éducatifs, de simulations, de jeux d’entreprise ou de santé… Ils ont jalonné l’histoire bien avant l’ère informatique.
Ce constat est essentiel et nous permet de rappeler que ce n’est pas le numérique qui rend un jeu “sérieux”, mais l’intention qui lui est associée.
Le terme serious game apparaît formellement sous la plume de Clark Abt en 1970. Le chercheur américain le définit comme suit :
“An explicit and carefully thought-out educational purpose and not intended to be played primarily for amusement.”
« Un but éducatif explicite et mûrement réfléchi, et non un jeu destiné principalement au divertissement. »
Autrement dit, un serious game est un jeu conçu dès l’origine pour servir un objectif autre que le divertissement : apprendre, s’entraîner, sensibiliser, collecter des données.
Julian Alvarez (2022) rappelle que ces objectifs peuvent être de trois ordres :