Blog : Réflexions pédagogiques
07/07/2026 - Amandine COULEARD
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Il y a des jeux qui racontent une histoire. Et puis il y a des jeux qui vous obligent à habiter un monde.
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C’est exactement ce que j’ai ressenti avec Kingdome Come : Deliverance et Kingdom Come : Deleverance II. En tant que passionnée d’histoire médiévale, et issue à l’origine d’une formation universitaire en histoire médiévale, j’ai vécu ces jeux comme quelque chose d’assez rare. Non pas comme une simple fiction “inspirée du Moyen-Âge”, mais une expérience immersive qui donne à sentir une époque.
La série développée par Warhorse Studios se déroule dans la Bohême du début du XVe siècle, autour de l’année 1403, dans un contexte de guerre civile, de rivalités dynastiques et de tensions politiques entre les partisans du roi Venceslas IV et ceux de Sigismond de Hongrie.
Ce cadre historique n’est pas seulement un décor. Il structure le monde, les rapports sociaux, les quêtes, les contraintes et même la manière dont le joueur apprend à survivre.

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Le gameplay, c’est la manière dont on joue à un jeu. Les actions possibles, les règles, les objectifs, les défis et les réactions du jeu aux choix du joueur.
Un RPG (Role-Playing Game), ou jeu de rôle, est un jeu dans lequel le joueur incarne un personnage, le fait évoluer, prend des décisions et progresse dans une histoire ou un univers.
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Ce qui m’a marquée dès mes premières heures de jeu, ce n’est pas seulement la fidélité visuelle des villages, des châteaux, des vêtements ou des armes. C’est la manière dont le jeu intègre des éléments de vie quotidienne dans le gameplay.
Dans Kingdom Come, le Moyen-Âge n’est pas un vernis esthétique posé sur un RPG classique. C’est un système de règles, de limites et de conséquences.

Vous ne savez pas bien combattre ? Le jeu ne vous laisse pas gagner “parce que vous êtes le héros”. Vous êtes mal équipé, sale, pauvrement vêtu ? Les personnages vous traitent en conséquence. Vous volez ? Vous prenez le risque d’être arrêté et condamné en conséquence. Vous vous promenez de nuit dans un bourg sans torche ? Les gardes peuvent vous interpeller. Vous voulez lire ? Encore faut-il avoir appris à lire.
Et c’est là que le jeu devient passionnant d’un point de vue pédagogique.
Dans Kingdom Come, on n’apprend pas seulement en consultant en fiche de contexte historique. On apprend en expérimentant.

On essaie. On échoue. On recommence. On ajuste.
Progressivement, le joueur apprend que les normes sociales, les hiérarchies, les métiers, la réputation, la tenue, la violence, la justice ou le religion ne fonctionnent pas comme aujourd’hui.
Le jeu ne dit pas seulement : “À la fin du Moyen-Âge, la société était très hiérarchisée”. Il vous met dans une situation où cette hiérarchie vous résiste.
Il ne dit pas seulement : “La vie quotidienne était très contraignante”. Il vous fait vivre ces contraintes à travers des mécaniques concrètes. Et c’est beaucoup plus fort.